Véronique Valvert

Major de la 11e promotion

CapDirigeants

Publié le 04.09.2026

"On n’entre pas à CapDirigeants comme un dirigeant accompli : on y entre pour le devenir."

À l’occasion de la sortie de la 11e promotion CapDirigeants, découvrez le témoignage de Véronique Valvert, manager stratégique à la Caf de la Guadeloupe et de Saint-Martin, qui termine major de promotion. À travers son parcours, elle revient sur les motivations qui l’ont conduite à intégrer cette formation, les défis qu’elle a relevés tout au long de l’année et les enseignements qu’elle en retire pour l’exercice des fonctions de direction au sein de la Sécurité sociale. Son témoignage illustre la richesse des parcours et profils dans les territoires ultramarins, ce qui représente un vrai atout pour l’Institution.

Propos recueillis par Élodie Alexandre, stagiaire CapDirigeants.

Peux-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours avant CapDirigeants ?

Je m’appelle Véronique Valvert, j’ai 47 ans et je travaille au sein de la Sécurité sociale depuis une vingtaine d’années. J’ai construit l’essentiel de mon parcours au sein de la Caf de la Guadeloupe et de Saint-Martin, principalement dans le domaine du développement social. J’y ai progressivement exercé des responsabilités managériales jusqu’à occuper des fonctions de manager stratégique.

Au cours de ce parcours, j’ai eu l’occasion de conduire des projets très différents : le déploiement des politiques publiques familiales, la construction de partenariats territoriaux, le pilotage de la production en action sociale, l’élaboration et le pilotage du budget d’interventions sociales, la sécurisation des données et la prévention de la fraude, la construction du projet d’entreprise, des expérimentations nationales ainsi qu’une mission nationale ou encore le déploiement de coopérations avec les autres organismes de Sécurité sociale. Je suis également titulaire d’un master en administration publique.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de suivre cette formation ?

Mon souhait de suivre CapDirigeants s’est inscrit dans la continuité de mon parcours. J’avais acquis une expérience solide du management, de la conduite de projets et du fonctionnement d’un organisme de Sécurité sociale, mais je souhaitais franchir une nouvelle étape et me préparer pleinement à exercer des fonctions d’agent de direction.

CapDirigeants représentait aussi pour moi l’occasion de prendre du recul sur mes pratiques, de confronter mon expérience à celle d’autres professionnels et de consolider ma posture de dirigeante.

Ce qui m’a particulièrement motivée, c’est la possibilité de passer d’une logique dans laquelle je contribuais à la stratégie à une position dans laquelle j’ai la capacité de la porter, de l’incarner et d’en assumer les décisions.

Tu es originaire de Guadeloupe. En quoi suivre CapDirigeants représente-t-il une expérience particulière pour une professionnelle ultramarine ?

Suivre CapDirigeants en étant Guadeloupéenne représente une expérience particulière, d’abord en raison de l’éloignement géographique. La formation suppose de quitter durablement son environnement habituel, sa famille, ses repères et son organisme pour s’installer dans l’Hexagone. De plus, cette formation a un rythme très soutenu auquel il faut s’adapter très rapidement.

Cette distance donne aussi une autre dimension au parcours. On porte avec soi son territoire, ses réalités et une certaine manière d’appréhender le service public. Les organismes ultramarins sont confrontés à des enjeux spécifiques : l’insularité, les contraintes économiques et sociales, la vulnérabilité de certains publics, mais aussi la nécessité d’innover avec des moyens parfois plus contraints.

Quels ont été les principaux défis que tu as dû relever tout au long de cette année ?

Le premier défi a été celui du rythme. CapDirigeants exige une forte capacité de travail, de nombreuses productions écrites, des travaux collectifs, des évaluations et une remise en question permanente.

Le deuxième défi a été de sortir de mon champ d’expertise initial. Mon parcours était principalement ancré dans la branche Famille et dans le développement social. J’ai donc dû approfondir rapidement des domaines très variés : le recouvrement, la comptabilité, la gestion financière, les ressources humaines, le contrôle interne ou encore la maîtrise des risques.

Le troisième défi a été plus personnel. J’ai dû apprendre à faire confiance à mes compétences. Je suis quelqu’un d’exigeant avec moi-même, et cette exigence peut parfois conduire à douter, même lorsque le travail est solide. Cette année m’a obligée à prendre davantage de recul, à accepter de ne pas tout maîtriser immédiatement et à avancer malgré l’incertitude.

Tu termines major de la promotion. Quelle a été ta première réaction lorsque tu l’as appris ?

Ma première réaction a été la surprise. Une vraie surprise.

Je savais que j’avais beaucoup travaillé et que j’avais progressé au cours de l’année, mais je ne m’attendais pas à terminer major de la promotion. J’ai d’abord eu du mal à réaliser, probablement parce que, tout au long de la formation, j’ai davantage vu ce qu’il me restait à améliorer que le chemin déjà parcouru.

Puis j’ai ressenti beaucoup de joie et de fierté. J’ai pensé à tous les efforts consentis, aux moments de fatigue, aux doutes, à ma famille et principalement à ma fille, mais aussi à toutes les personnes qui m’avaient soutenue et qui avaient cru en moi, à mon organisme et à mon île.

Penses-tu que cette réussite envoie un message aux collaborateurs des organismes ultramarins qui hésitent encore à se lancer ?

Oui, je l’espère sincèrement.

Le premier message est qu’il ne faut pas s’autocensurer. L’éloignement géographique, les contraintes familiales ou la crainte de ne pas être au niveau peuvent sembler être des obstacles importants. Ils sont réels, mais ils ne doivent pas conduire à renoncer avant même d’avoir essayé.

Les collaborateurs des organismes ultramarins disposent d’expériences particulièrement riches. Ils exercent souvent dans des contextes complexes, avec de fortes contraintes sociales, économiques et territoriales.

Je voudrais donc leur dire de croire davantage en la valeur de leur parcours. Il n’est pas nécessaire d’attendre de se sentir parfaitement prêt pour se lancer. Parfois, c’est précisément la formation qui permet de découvrir que l’on était beaucoup plus prêt qu’on ne le pensait.

Si tu devais donner trois conseils à un futur candidat CapDirigeants, quels seraient-ils ?

Mon premier conseil serait de bien identifier ce qui motive réellement la candidature. La formation est exigeante et, dans les périodes de fatigue ou de doute, il est essentiel de pouvoir se rappeler pourquoi on a choisi de s’engager.

Mon deuxième conseil serait de se préparer sérieusement, mais sans attendre de tout maîtriser avant de candidater. Il faut consolider sa connaissance de l’Institution, s’ouvrir aux autres branches, suivre l’actualité de la Sécurité sociale et prendre l’habitude d’analyser les sujets de manière globale. Mais il faut aussi accepter que CapDirigeants est précisément un espace d’apprentissage. On n’y entre pas comme un dirigeant accompli : on y entre pour le devenir.

Mon troisième conseil serait de ne pas rester seul. Il est important de rechercher des conseils, de solliciter des retours, d’échanger avec d’anciens élèves et de s’appuyer sur sa promotion. La réussite repose sur le travail personnel, mais également sur la capacité à écouter, à coopérer et à apprendre des autres.

Et si tu t’adressais plus particulièrement à un cadre de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane, de La Réunion ou de Mayotte qui hésite à se lancer, que lui dirais-tu ?

Je lui dirais que son hésitation est légitime. L’éloignement, l’organisation familiale, la mobilité et la crainte de ne pas être au niveau sont de vraies questions. Il ne faut ni les nier ni les minimiser.

Mais je lui dirais aussi de ne pas confondre les contraintes avec une impossibilité.

Les cadres ultramarins ont des compétences fortes, parfois insuffisamment valorisées, parce qu’elles ont été acquises dans des environnements exigeants où il faut souvent être polyvalent, réactif, créatif et proche des réalités du terrain. Ce sont précisément des qualités attendues d’un dirigeant.

Je lui conseillerais donc de préparer son projet, de se faire accompagner, d’anticiper les conséquences personnelles de la formation et, surtout, de ne pas s’autocensurer.

Il ne faut pas attendre que quelqu’un d’autre vous dise que vous êtes légitime. Il faut parfois commencer par s’accorder soi-même cette légitimité.

Un mot pour résumer cette année ?

Transformation.

Cette année a transformé ma manière de réfléchir, ma posture professionnelle et le regard que je porte sur mes propres capacités. Je ne termine pas CapDirigeants comme je l’ai commencé. Je dispose de connaissances nouvelles, bien sûr, mais j’ai surtout acquis davantage de recul, de confiance et de capacité à assumer une décision.

Cette transformation n’efface pas les doutes. Elle permet de ne plus les laisser empêcher l’action.

Si cette année de formation marque l’aboutissement d’un parcours exigeant, elle ouvre également la voie à de nouvelles perspectives professionnelles. Véronique s’apprête désormais à franchir une nouvelle étape dans son parcours, avec un nouveau chapitre qui devrait prochainement s’écrire au sein de la Sécurité sociale.

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