Contexte
Souvent cités en Europe pour leur capacité à conjuguer qualité des soins, maîtrise des dépenses et régulation des volumes d’activité, les Pays-Bas constituent un terrain d’observation particulièrement utile pour interroger l’avenir de l’assurance maladie française. Le système néerlandais combine une assurance maladie obligatoire, des assureurs en concurrence régulée, un rôle central de l’État dans la définition du panier de soins et un mécanisme sophistiqué de compensation des risques destiné à limiter la sélection des assurés.
Le modèle néerlandais est régulièrement présenté comme performant, notamment pour sa capacité à contenir les volumes hospitaliers et à encadrer les dépenses. Environ 70 à 80% des tarifs hospitaliers et 15 à 20 % des soins de ville y sont négociés entre assureurs et prestataires, sous contrainte de budgets globaux et de plafonds sectoriels fixés au niveau national.
Mais cette performance apparente soulève aussi plusieurs questions majeures : la concurrence entre assureurs permet-elle réellement d’améliorer la qualité des soins ? Quelle place pour les médecins généralistes, véritables pivots de l’accès aux soins ? Comment garantir l’accessibilité du système lorsque les assurés supportent une franchise obligatoire et des primes individuelles ?
Ce voyage apprenant vise ainsi à dépasser l’image d’un modèle pour analyser, in situ, les compromis néerlandais : efficacité économique, responsabilisation des acteurs, maîtrise des volumes, mais aussi reconfigurations en cours sur le premier recours et réflexions sur une amélioration de la qualité et de la performance globale du système de santé néerlandais.