Innovation et pluridisciplinarité : rencontre avec les élèves du projet AURASMUS

L’EN3S est membre actif du réseau Alliance des Grandes Écoles Rhône-Alpes Auvergne (AGERA). L’année 2019 a vu le lancement du projet AURASMUS avec la création d’équipes projets pluridisciplinaires d’étudiants issues de 4 écoles stéphanoises. Les élèves de l’EN3S se sont joints aux étudiants de l’emlyon business school, l’École supérieure d’art et design Saint-Étienne (ESADSE) et des Mines Saint-Etienne. Ces étudiants, par groupe de 8 ont phosphoré, sur des commandes d’entreprise, répondant à un réel besoin d’innovation : concept, produit, service.

Rencontre avec trois élèves de la 58ème promotion qui ont participé au projet AURASMUS : Gaëlle Pirrota, Stéphanie Ougier et Romain Donnadieu.

 

Pourquoi avez-vous accepté de participer à ce dispositif ?

Gaëlle Pirrota : Nous avons souhaité nous investir dans ce projet pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour l’approche pluridisciplinaire inter-écoles. Nous croyons beaucoup à la force du collectif et à l’apport complémentaire des compétences. Ce fut une belle opportunité au sein de notre scolarité de pouvoir travailler sur des projets innovants en croisant des regards très différents.

Puis, bien sûr, pour l’intérêt des projets. Les 3 commandes proposées sont au cœur des problématiques actuelles et permettaient de participer aux défis que doivent relever des entreprises locales : le Gérontopôle Auvergne Rhône-Alpes, Eovi et Solvay. Travailler en lien avec les usagers et les acteurs du monde socio-économique du territoire stéphanois ne pouvait être qu’enrichissant.

Enfin, pour l’aspect novateur. Ce projet était une première pour l’EN3S : participer à cette aventure était donc enthousiasmant intellectuellement et humainement.

Pouvez-vous nous résumer votre projet en quelques mots ? Seront-ils mis en place concrètement ?

Romain Donnadieu : Pour ma part, j’étais sur le projet proposé par la Mutuelle EOVI. Il s’agissait de projeter des scénarios à 10 ans permettant de réduire la problématique des déserts médicaux. Ces scénarios devaient prendre en compte l’optimisation de l’accès à la santé à des tarifs maîtrisés, tout en développant une approche globale de la santé et en favorisant l’exercice coordonné des professionnels de santé. Nous avons conçu ces scénarios selon une approche de design thinking. Cette démarche nous a amené à les imaginer en nous positionnant selon les bénéfices attendus par les utilisateurs.

Gaëlle Pirrota : Notre projet, confié par le Gérontopôle, était de favoriser l’autonomie psychologique et sociale des personnes âgées. Pour cela, il nous a semblé important de travailler sur l’isolement des personnes âgées et sur le rôle clef de la participation sociale. Notre projet, Part’âge, a pour objectif de créer une meilleure coordination des acteurs gravitant autour des personnes âgées, c’est à dire, les professionnels et les non professionnels qui souhaitent être solidaires et utiles. Il ne s’agit pas de créer des dispositifs de bénévolat mais de renforcer les chaînons de solidarité en alliant des compétences humaines et technologiques.

Stéphanie Ougier : Le groupe Solvay a développé un processus de recyclage des airbags qui, aujourd’hui, n’est utilisé que pour les chutes de tissus produites par les producteurs d’airbags. Nous devions alors travailler sur la mise en place d’un circuit de recyclage des airbags de voitures usagées. Nos réflexions nous ont permis d’explorer différentes pistes : la mise en place d’un circuit de récupération des airbags auprès des casses automobiles ; la création d’un airbag automobile modulaire facilement démontable et recyclable ; et le développement du recyclage des airbags autres qu’automobiles, airbags pour cyclistes, pour motards,… Les solutions que nous avons proposées sont très prospectives et nécessitent un approfondissement. Elles sont donc considérées comme des pistes de travail futures pour notre commanditaire.

Quels furent les apports de l’approche interdisciplinaire des projets ?

Stéphanie Ougier : Le sujet étant totalement inconnu pour chacun des membres de notre groupe, l’approche interdisciplinaire nous a permis de découvrir le sujet sous différentes facettes : environnementale, juridique, économique… Chacun des étudiants a apporté sa vision propre du projet et nous avons beaucoup échangé et confronté nos points de vue afin de construire progressivement une vision commune du projet et des solutions envisagées.

Plus personnellement, qu’est-ce que cela vous a apporté pour la suite de votre parcours professionnel ?

Romain Donnadieu : Cette nouvelle expérience a été riche d’enseignement. Pour la suite de nos carrières, nous retiendrons unanimement la créativité que permet à la fois la démarche de design fiction et l’aspect pluridisciplinaire. L’émulsion des idées qui de prime abord peuvent paraître décalées voir disruptives, amène à se remettre en question et de considérer l’ensemble des propositions. Au final cela ouvre le champ des possibles et démontre la puissance du travail collaboratif.

Le mode de travail qui nous a été proposé est en phase avec la demande d’agilité et de rapidité de conception qui sont attendues dans le monde professionnel actuel. Au-delà de l’aspect créatif, cette expérience nous a également sensibilisé sur le fait qu’un mode de management adapté et une bonne maîtrise du sujet sont des vecteurs clefs de la réussite d’un projet.

 

Pour en savoir plus : rendez-vous sur le site de l’Agera