La co-construction(s) des politiques sociales en ouverture du cycle APS

Les inscriptions au nouveau cycle « Actualité de la protection sociale » sont désormais ouvertes.

Marine Boisson-Cohen, conseillère scientifique de l’EN3S et conseillère synthèses et prospective auprès du haut-commissaire à la réforme des retraites va animer plusieurs journées de cette nouvelle édition.

Elle revient pour nous sur la journée d’ouverture qui aura lieu le 19 novembre autour de la problématique  » Co-construction(s) des politiques sociales : que peut-on faire avec les usagers et les professionnels ? »

Vous allez animer la journée d’ouverture du nouveau cycle APS sur la co-construction des politiques sociales. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette journée ?

Marine boisson cohenLe principe d’associer les usagers et les professionnels pour des politiques sociales plus adaptées apparaît aujourd’hui comme une évidence et fait l’objet d’un large consensus. Sur le terrain, des démarches émergent, mais elles ne sont pas généralisées. Les interrogations, et les freins, sont de plusieurs registres : quand est-ce qu’il est pertinent de recourir à la co-construction ? Comment s’y prendre ? Par qui être accompagné ?

Le projet de cette journée, c’est de mobiliser à la fois des chercheurs et des praticiens, mais aussi des responsables ou des directeurs des organismes pour des éléments de réponse à ces questions.

Selon vous, quels sont aujourd’hui les enjeux de la co-construction des politiques sociales ?

Ils sont multiples. Il y a un enjeu participatif, on peut dire même de « sensibilité démocratique » avec, du côté des usagers comme celui des agents, un souhait d’être entendus voire associés, un souci de transparence et de compréhension de l’action publique, mais également le désir d’éprouver un pouvoir d’agir voire d’exprimer une créativité – indépendamment de la position hiérarchique ou sociale occupée.

Mais ce n’est pas que cela. Il faut tout autant considérer l’enjeu de pertinence et d’efficacité des dispositifs sociaux : concrètement, c’est important de se tourner vers l’usager pour connaître ses besoins, les obstacles qu’il rencontre éventuellement pour accéder à un service ou une prestation, reconstituer son parcours et son recours aux différents dispositifs. Cette orientation est par exemple très présente dans le champ de la pauvreté, avec des résultats : elle n’est pas pour rien dans les projets actuels de simplification tel que le revenu universel d’activité.

Au sein de ce 30ème cycle APS, vous allez présider quatre journées. Comment les thèmes ont-ils été définis et pourquoi ?

Ces thèmes ont été retenus dans un dialogue entre la direction de l’Ecole et les conseillers scientifiques, avec une volonté d’articuler les perspectives théoriques et les réalités de terrain qui reflètent des tendances structurantes. Dans cet esprit, nous avons choisi de proposer, en plus de la journée sur la co-construction, une journée sur les relations entre protection sociale et crise environnementale. Rarement abordé de front, il est manifeste que les deux sont liés, avec un même souci de prise en compte des intérêts du long terme et une même vulnérabilité : si un doute radical sur l’avenir s’installe, je ne vois pas comment le consentement à la solidarité et la confiance dans la solidité de nos systèmes de protection sociale pourraient se maintenir.

Également, nous traiterons des relations, pas toujours faciles, entre les entreprises et la Sécurité sociale, en abordant les démarches actuelles de simplification et d’évolution de la relation de service. Enfin, nous traiterons du grand âge et de la dépendance : l’adaptation de la société au vieillissement est devant nous. C’est l’un des principaux enjeux pour la protection sociale du XXIème siècle. Pour des professionnels aux agendas bien chargés, une journée dans le cadre de la formation continue, ce doit être une respiration et l’occasion d’une prise de recul et d’une approche plus prospective.

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