Gérard Bieth, créateur d’Annuaire-Sécu, passe le relais à l’EN3S

Annuaire Secu

Annuaire-Sécu a cessé sa parution, après 21 ans de partage d’informations rigoureusement sélectionnées et expliquées.

De nombreux lecteurs ont interpellé l’École dans l’objectif de ne pas laisser perdre cet outil de veille. L’EN3S a donc décidé d’en assurer la continuité et de proposer, à partir de février 2020, une lettre d’information hebdomadaire similaire.

Gérard Bieth est donc venu à Saint-Etienne partager son expertise avec l’équipe documentation de l’EN3S, ce fut l’occasion de revenir sur la création et les développements de cette newsletter plébiscitée au sein de la protection sociale.

Quel a été votre parcours au sein de la Sécurité sociale ?

Mon parcours professionnel est plutôt atypique. J’ai intégré la Cpam d’Annecy en tant que gestionnaire-conseil de l’assurance maladie puis j’ai évolué sur un poste de contrôleur. Je me suis lancé de manière autodidacte dans la micro-informatique au cours des années 1980. Cette appétence personnelle m’a permis de percevoir très tôt en quoi la micro-informatique allait puissamment transformer les méthodes de travail au sein des organismes de Sécurité sociale. J’ai pu développer un outil d’aide à la détection de la fraude au sein de la Cpam d’Annecy et sensibiliser sur ce sujet.

En 1995, la Cpam a décidé de créer un poste de documentaliste. Conscient de la place que l’informatique et internet allaient prendre dans ce métier, j’ai candidaté et proposé d’intégrer une forte dimension informatique dans cette nouvelle fonction. Au-delà de la création du fond documentaire et de la préparation de dossiers documentaires thématiques, la direction m’a demandé de concevoir une synthèse de presse, adressée à l’ensemble des agents de l’organisme, alors basée sur quelques titres de presse. Je me suis tout de suite pris de passion pour cet exercice de synthèse.

En parallèle, dès 1996, j’ai conçu le portail annuaire-sécu dédié au recensement de l’ensemble des liens qui pouvait intéresser la Sécurité sociale dans le cadre de ma profession. C’était un outil de travail de veille personnel.

Comment est née l’idée de communiquer au-delà de votre organisme de Sécurité sociale ?

La vocation du métier de documentaliste étant de partager, j’ai mis mon portail en ligne sur internet. Rappelons qu’à cette époque, le web était encore confidentiel… En 1998, cette volonté de toucher un lectorat plus diversifié que les agents de la Cpam m’a amené à élargir ma veille. Je me suis abonné à titre personnel à de nouveaux titres de presse. J’ai alors développé une deuxième revue de presse parallèle à celle produit à la Cpam. Cette veille personnelle plus large, basée sur des sources plus nombreuses visait toutes les branches de la Sécurité sociale. Elle a été mise en ligne sur le portail Annuaire-secu pour la rendre accessible au plus grand nombre.

Ce travail a été repéré par la Cnam et a donné lieu à une collaboration entre la Cpam d’Annecy et la caisse nationale pour la diffusion sur l’intranet d’une lettre d’information à l’ensemble de la branche maladie. En parallèle, j’ai alors évolué sur la fonction de responsable intranet/internet.

A partir de 2002, dans une démarche d’ouverture à des sujets autres que ceux traités dans la presse, la revue de presse s’est transformée en revue du web : le Panorama de l’actualité Internet. Ce fil d’actualité hebdomadaire est envoyé chaque dimanche par newsletter, lettre que j’ai diffusée jusqu’à ce mois-ci. Cette revue du web incluant rapports, blogs, billets, … proposait des sources toujours plus diverses et complémentaires. La couverture des frais inhérents à l’envoi de cette nouvelle lettre électronique s’est faite grâce à des partenariats, notamment celui de l’EN3S, entre 2006 et 2012, l’école ayant ainsi soutenu très tôt ma démarche de veille globale sur la Sécurité sociale.

Depuis 2013, bien qu’à la retraite, j’ai poursuivi ce projet pendant encore six ans avec un lectorat de près de 10 000 abonnés fidèles. C’est un travail exigeant, passionnant mais très prenant. J’ai décidé désormais de passer la main.

L’EN3S va vous succéder dans l’envoi d’une lettre d’information hebdomadaire de veille sur la protection sociale. Quels conseils donnez-vous à l’école ?

Mon lectorat est majoritairement constitué de décideurs de la protection sociale particulièrement attachés au caractère inter-branches et inter-régimes de la lettre d’information. Ces caractéristiques définissent aussi l’École et rend légitime dans la reprise de cette activité de veille et de diffusion d’information à l’ensemble de la sphère protection sociale.

Je compte sur l’EN3S pour être attentive à la pluralité et la complémentarité des sources et des points de vue qu’elle agrégera. L’idée est de mettre à disposition un véritable outil qui permet aux lecteurs, souvent déjà experts, d’apprendre toujours plus sur les sujets qui agitent la sphère de la protection sociale et les réflexions développées par les différents acteurs.

 

L’EN3S remercie Gérard Bieth pour sa confiance. L’École veillera à maintenir la qualité de son produit, qui a permis d’assurer la fidélité de nombreux abonnés.

Pour toute information complémentaire relative à cette veille hebdomadaire, contactez directement l’EN3S par courriel :

Veillehebdo